Grandes surfaces, Laptop, UEFI, Linux, ACPI, Windows10 et Cortana Partie 2 (l’installation)

Me voilà de retour pour la seconde partie de mon billet dédié à un upgrade matériel. La bête est à la maison et voici venu le temps du déballage et de l’installation. Comme je l’ai dit dans mon précédent billet changer de machine après 12 ans n’est pas très rassurant, dans la mesure où pas mal de choses ont changé. L’UEFI est passé par là, ma LTS ronronnait depuis un bon moment et à vrai dire, mettre les mains dans le cambouis ce n’est plus trop mon truc. Je suis devenu plutôt du genre feignasse de ce côté là. Comme je ne suis pas complètement fada je précise quand même que j’avais pris soin de consulter quelques docs avant, histoire de savoir ou j’allais et surtout, histoire de m’assurer que le matériel que j’avais choisi serait plus ou moins compatible. Voyons ce qu’il en a été.

Côté système j’ai quitté une Ubuntu GNOME 16.04.4 LTS pour une Ubuntu 18.04.1 LTS car c’est une distribution et un environnement que j’aime beaucoup. J’ai hésité avec une Fedora, mais Canonical ayant abandonné Unity pour repasser sur GNOME je voulais voir ce que ça donnait. Au niveau de l’installation j’ai opté pour un dual boot Win/Linux, histoire de voir comment ça se passait dans le cas où je devrais le faire chez quelqu’un d’autre. Bien que j’ai booté dessus histoire de voir un peu comment c’était, Windows ne m’intéresse pas et va bientôt disparaître totalement du disque dur. Je suis ouvert d’esprit, mais il ne faut pas pousser non plus hein :)

Donc me voila parti. Je télécharge l’iso, je colle tout ça sur une clé USb et je me rends dans le BIOS, pour jeter un œil à se fameux UEFI. Au premier coup d’œil ça en jette et on se rend vite compte que techniquement, ça avait du sens de remplacer l’antique BIOS par un truc plus récent et plus complet. Tout n’est pas si sombre. Je prends soin de désactiver le secure boot afin de ne ne pas être ennuyé, même si apparemment Ubuntu possèdes une clé de confiance et peut très bien faire avec. Je décoche également l’option fast boot pour que le système ait le temps de redémarrer sur la clé, et je me lance. Le boot est ok, je commence l’installation qui semble bien se dérouler et peu après avoir choisi l’agencement du clavier ça plante en me disant en gros, que le système a rencontré un souci et que l’installation n’est pas possible. Vu que mon matos semblait à peu près compatible je suis parti du principe que ma clé USB était peut-être moisie, ou que l’iso était peut-être corrompue.

Je télécharge une nouvelle image, je check le md5 et je configure une autre clé USB histoire de voir. Premier boot impossible et chose étrange une partie des données présentes sur la clé se sont fait la malle. Je ne sais toujours pas à l’heure actuelle ce qui s’est passé, si ce n’est qu’à ce moment là elle n’était plus bootable. Bref! J’ai peut-être fait une connerie, alors je recommence après avoir configuré ma clé une nouvelle fois. Après un nouveau reboot j’arrive sur le bureau et cette fois impossible de continuer car tout freeze après quelques secondes. Je parie tout de suite un problème de prise en charge du circuit graphique. Je relance alors le tout en acpi=off, nomodeset et même si la façon dont j’ai du le faire ne m’a pas plu (j’y reviendrais plus bas), j’ai pu lancer l’installation qui s’est bien déroulée jusqu’au bout.

Alors au final ça s’est plutôt bien passé, mais même si pour moi ça s’est avéré être très facile, je n’ai pas pu m’empêcher de pousser quelques grogneries. En effet quand d’ordinaire je voulais désactiver l’Acpi, j’avais pour habitude de passer par un raccourci clavier lors du boot. F6 il me semble, mais là ça ne fonctionnait pas. J’ai un peu martelé toutes les touches et mis à part l’affichage des infos de boot, il ne se passait rien. Bon, au passage celles-ci m’ont quand même bien confirmé qu’il s’agissait d’un problème d’ACPI, donc ce n’était pas totalement inutile :). Je me suis rappelé également qu’on pouvait parfois le faire en cliquant sur une icône présente sur le splash lors du boot, mais là encore rien de disponible. Je suis donc passé par la touche « e » et j’ai entré manuellement les instructions qui allaient me permettre de booter en mode dégradé, afin de pouvoir installer le bouzin.

Bien que ça ait fonctionné je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur la manœuvre. On le sait le matériel trop récent, trop ancien ou trop exotique, n’est pas toujours correctement pris en charge sous Linux. Encore plus depuis l’arrivée d’Optimus sur les laptops équipés de cartes nVidia. Nous le devons avant tout aux constructeurs. Pour que ça tourne il faut que pas mal de monde bosse dessus, il faut de la rétro-ingénierie et globalement pas mal de patience. C’est comme ça. Mais le noyau Linux arrivant tout doucement au stade des 25 ans de développement, on pourrait quand même s’attendre à ce que ce dernier soit en mesure d’assurer automatiquement un démarrage minimum, afin que l’utilisateur non averti n’ait pas à se coller un terminal avant même d’avoir vu l’ombre d’un bureau. Avec bien entendu un message compréhensible et si possible une suggestion claire, lui permettant « éventuellement » régler le problème en arrivant sur son bureau. Sous d’autres OS ça se fait depuis un bail. Là si je résume le truc une personne qui voudrait découvrir Linux et qui aurait dépassé le stade du bios, devrait à la première seconde de boot appuyer sur « e » et envoyer à la main des instructions au noyau pour pouvoir simplement accéder à une session d’installation en mode graphique. Je trouve ça très lourd en 2019. Quand je lis des discussions où certains acteurs du libre se désolent de ne pas voir les parts de marchés Linux décoller sur le desktop, j’ai envie de dire ne cherchez pas plus loin. C’est à cause de ce genre de conneries. On a pas pas avancé d’un pouce dans la mesure où on a de beaux installeurs graphiques, que certains utilisateurs ne seront peut-être pas même encore en mesure d’atteindre. Un peu ballot quoi.

On pourrait continuer d’en parler en s’appuyant sur d’autres exemples de ce type, mais pour faire plus court je préfère passer directement à la seconde chose qui m’a fait grogner. L’arrivée sur Ubuntu. J’ai toujours aimé cette distribution dans la mesure où je dois bien l’admettre, elle a été mon billet d’entrée sous GNU/Linux. Si j’avais choisi une autre distribution je n’aurais peut-être pas été jusque-là. Elle était bien foutue, facile à installer et à prendre en main et surtout, elle bénéficiait d’une très grosse communauté. C’est un point très important, car cela génère un potentiel de docs et de contenus énormes. À l’époque ce n’était pas le cas pour d’autres distributions. J’ai commencé à moins l’apprécier en revanche, quand Canonical à commencer à vouloir réinventer la roue et à développer des trucs qui de mon point de vue n’avaient aucun sens (Unity, Mir etc..). L’avenir m’a donné raison d’ailleurs, dans la mesure où ils sont en partie revenus en arrière. Une saveur Gnome étant disponible en LTS je suis toutefois resté dessus et je n’en ai plus bougé jusqu’à l’achat de mon nouveau PC. Je n’ai plus vraiment suivi l’évolution d’Ubuntu.

Quand j’ai booté sur ma 18.04 LTS je m’attendais franchement à trouver un truc un peu plus chouette que ça. Pour être objectif dans les grandes lignes ça ne tourne pas moins bien qu’avant, mais quand on regarde les détails je trouve que le tout fait un peu bâclé quand même. Si on utilise Adwaita par exemple, on a du mal à avoir un truc propret visuellement dans la mesure où les devs ajoutent une couche CSS à GNOME, qui vous oblige à aimer le orange. En effet si on utilise le hot corner et qu’on sélectionne une fenêtre, on se retrouve avec un vieux contour orange qui gâche tout avec pas mal de thèmes. Au niveau des proportions c’est un peu trash aussi. On a du mal à trouver le bon compromis entre la taille des polices du système, des applications et de la mise à l’échelle globale. Le contenu des fenêtres de Chromium est à peu près correct, quand celui de Firefox est à la ramasse (les contrôles sont biens trop petits par rapport aux polices).

En Parlant de Chromium d’ailleurs, il faut attendre le premier téléchargement (qu’on va chercher comme un dindon) pour se rendre compte qu’il a été « Snapisé ». Le tout est bazardé dans un dossier Snap sur /home, où j’ai pu y trouver également Gnome-système-monitor. What the fuck!!! En gros quand tu passes par l’UAC pour installer un truc, tu as une partie des applications qui vont s’installer de manière traditionnelle et d’autres qui sont snapées. On sent bien qu’ils veulent pousser le machin en avant et à la limite je m’en fiche. En attendant en avoir dans tous les coins ça fait plutôt crado. Précisons aussi que la logithèque est encore pas mal dans les choux. J’ai eu des messages m’indiquant que certaines applications n’étaient pas compatibles(Zenmap, Ettercap..), avant de voir qu’elles s’étaient quand même installées et qu’elles fonctionnaient parfaitement?! D’autres s’installaient parfaitement et ne fonctionnaient pas comme TorBrowser, que j’ai installé par un autre biais.

J’ai repéré encore pas mal de trucs du genre mais je vais arrêter là, car après tout Ubuntu n’est q’une distribution parmi tant d’autres. Si je veux un Gnome propre je peux toujours lorgner du coté de Fedora ou carrément passer sur Arch. Je trouve quand même dommage de voir qu’une aussi bonne distribution (je crois toujours qu’Ubuntu est une bonne distribution) ait pu perdre autant de temps et de ressources pour presque rien au final. Après avoir voulu réinventer la roue et même s’il doit y avoir pas mal de choses neuves et rutilantes sous le capot, on se retrouve avec un truc qui fiat vieillot très brouillon dans les pattes. J’en attendais plus et je reste sur ma faim.

Mon dernier coup de gueule n’en est pas vraiment un, dans la mesure où cela ne me concerne plus vraiment. Je voulais partager mon ressenti par rapport au premier boot Windows que j’ai effectué sur une de mes machines depuis que j’ai quitté XP (en 2006 ou 2007, je ne sais plus vraiment). Boot que je me suis imposé au passage, pour créer une image de sauvegarde au cas où les choses tourneraient au vinaigre. Franchement je leur tire mon chapeau!!! On est tout de suite agressé par une voix qui nous dit qu’elle s’appelle Cortana et qu’elle est là pour nous aider. Quand je vois ce genre d’assistant et que ça cause, en général mon premier réflexe est de me dire « Attention Mouchard ». Dans les faits je ne me suis pas trompé. J’ai validé quelques unes des étapes permettant de finaliser l’install OEM et c’est juste effarant. Le plus amusant c’est quand l’installeur te demande si tu veux du contenu adapté à tes habitudes et que tu réponds « non ». Mon contenu je préfère en général le chercher tout seul. On te répond alors que ce c’est dommage, dans la mesure où le contenu que tu auras ne seras sans doute pas adapté à tes goûts et à tes envies. Ok! Donc je ne peux pas choisir de ne rien recevoir et je dois en conclure que si je ne bidouille pas, j’aurais un tas de merdes dont je me fous totalement dans les vignettes de leur pseudo menu démarrer. On peut bien entendu désactiver tout ça, sauf que si on passe par l’option proposée par le système, le truc continue à siphonner tes activités et à transmettre en douce tout ce que tu fais. Il faut fouiner sur internet pour virer ça manière un peu plus expéditive via le registre ou d’autres conneries du genre, sinon tu te retrouves avec un truc à mi-chemin entre la NSA et une immense régie pub. Et tu as payé pour!!! Le plus désolant c’est que ça n’est même plus planqué. Ils sont totalement décomplexés.

Bref je me suis barré vite fait en me bidonnant et si j’ai un conseil à vous donner faites-en de même. Je ne pensais pas dire ça un jour, mais quittez ce machin pour aller n’importe où ailleurs. Linux dans le meilleur des cas et si ça n’est pas possible, en dernier recours, sur Mac. Ce n’est pas mieux mais au moins c’est beau et un peu plus safe. Vous n’aurez pas tout perdu…

CONCLUSION :

Voilà les loulou(tte)s. Je pense avoir fais à peu près le tour et je vais résumer un peu le truc pour que cela puisse éventuellement vous servir.

Concernant l’achat j’ai pour des raisons qui me me sont propre choisi la grande distribution. Si vous vous y connaissez et que vous n’avez pas besoin de conseils, c’est une solution comme une autre. Si ce n’est pas le cas, je vous conseille de fouiner un peu plus sur le net et autour de chez vous. Vous avez d’une part des sites et des constructeurs qui proposent des modèles certifiés 100% compatibles Linux. Et d’autres part très certainement, des revendeurs/assembleurs plus petits près de chez vous, qui seront techniquement plus calés qu’en grande surface pour vous aiguiller. Dans tous les cas si vous êtes un peu perdus, n’achetez pas trop vite et surtout, faites vous aider par quelqu’un qui s’y connaît.

Pour ce qui est de l’installation, si vous décidez de vous y coller ne brûlez pas les étapes. Ce n’est pas bien compliqué, mais consulter quelques docs avant me paraît indispensable. Si je prends mon cas par exemple, la documentation Ubuntu m’a aidé à me dépatouiller avec l’UEFI et à procéder à une installation propre en dual boot. Avec un Grub au bon endroit. Sachez aussi que beaucoup de modèles affichent un TO d’espace disque et que pour y arriver en contenant les prix, les fabricants proposent souvent un combo SSD/HDD qui mérite qu’on s’y attarde. En fonction du nombre de systèmes que vous allez installer, il faut vous assurer que vous aussi puissiez le faire proprement. Surtout si Windows est installé sur le SSD, ce qui est presque toujours le cas. Assurez-vous que la capacité de celui-ci soit suffisante pour installer les autres OS à ses côtés et que vous saurez mettre Grub au bon endroit s’il ne s’y colle pas automatiquement. Sinon c’est vite crado. Les documentations des distributions sont assez bien faites et si vous optez pour Ubuntu vous devez jeter un œil là-dessus avant de vous jeter à l’eau.

Pour ce qui est de la partie graphique et si vous optez pour un laptop équipé d’une carte nVidia, préparez-vous à devoir démarrer à la main pour l’installation et renseignez-vous sur la technologie Optimus avant de faire quoi que ce soit. Celle-ci a été développée dans le but d’augmenter l’autonomie des PC portables, en partageant les tâches graphiques entre un chipset intégré et le GPU. En gros pendant les tâches courantes c’est le chipset Intel qui se charge de l’affichage et quand vous lancez des trucs nécessitant une accélération matérielle c’est la carte graphique qui prend le relais. Il se peut donc que vous soyez obligés d’installer quelques modules complémentaires pour pouvoir switcher de l’un à l’autre manuellement (cf image ci-dessus). Dans le cas contraire il se pourrait que ce soit le chipset Intel qui fasse le boulot tout seul et que vous soyez déçus (à tort) par les performances de votre machine. Sachez aussi que même si les choses ont bien évolué dans ce domaine et que ça tourne plutôt bien, la prise en charge n’est pas encore parfaite. Ça avance, mais doucement. Pour en savoir plus sur le sujet vous pouvez jeter un œil sur cette page et sur celle-ci.

Voilà. Mon upgrade matériel est terminé. Il ne me reste plus qu’à régler quelques trucs, à m’amuser et pourquoi pas, à recommencer à bidouiller un peu. C’est à nouveau motivant. Je ferai peut-être prochainement un petit bilan des applications que j’utilise sur mon nouveau laptop.

Amusez-vous bien et à bientôt.

Ps: Je n’ai plus trop l’habitude d’écrire, alors gueulez pas et n’hésitez pas à me signaler les petites coquilles ici ou là ;)


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